C’était hier : De la ruche-panier au pot de miel …
C’était hier : De la ruche-panier au pot de miel …

Dans les années de guerre de 1940 à 1945, le rationnement obligeait toute la population française à trouver des moyens de subsister. Les allemands réquisitionnaient beaucoup de denrées alimentaires. Dans les villages nous étions mieux lotis que dans les zones urbaines. Les potagers étaient très exploités et celui qui avait des ruches était très courtisé.

Le père Robin, mon grand-père, était de ceux là. Il y avait par-ci par-là quelques ruches à demi abandonnées et dans certains hameaux des ruches dans des paniers et quelquefois au milieu des ronces. Le Père Robin, avec son étiquette d’apiculteur, était très sollicité.

En septembre-octobre des années 42-43, le propriétaire de 5 paniers peuplés demande que l’on sacrifie 2 paniers pour faire sa provision de miel pour l’hiver. L’apiculture d’hier était présente.

Après reconnaissance, les ruches sacrifiées sont désignées et rendez- vous est pris pour le jour suivant. Mon frère et moi étions mobilisés pour assister le grand-père.

La méthode d’occire 2 colonies était la méthode choisie, mais elle aurait pu être l’occasion de faire 2 essaims artificiels. Je suppose que le Père Robin n’avait pas trop envie de se compliquer la vie et que de plus le propriétaire aurait revendiqué les essaims à charge pour nous de gérer l’histoire.

De bonne heure le lendemain des mèches de souffre eurent raison de ces pauvres abeilles et les paniers vidés et grattés furent mis en place pour attendre des essaims l’année suivante.

Les gateaux de miel, broyés et mis dans des passoires libérèrent un miel pas trop pur mais à cette époque personne ne faisait la fine bouche. Mon grand-père avait utilisé des mèches de souffre, mais la pratique ancestrale était de faire mourrir les colonies par étouffement en les enfouissant dans la terre pendant 1 journée. Cruel n’est-ce pas ?

Le modernisme et l’invention de la ruche à cadre fut pour l’apiculture un progrès considérable.

Autre inconvénient de cette pratique, les ruches sacrifiées était souvent les plus lourdes et les plus prospères. C’était le contraire de la sélection, puisque, l’on supprimait les souches les plus vigoureuses et l’on gardait probablement les souches déficientes. Une autre méthode a été utilisée. Elle consistait à détacher des rayons garnis de miel sur le coté du panier ou de la ruche à rayon fixe, à charge pour les abeilles de reconstruire le vide.

Ceci était nettement plus intelligent. Assistants du grand-père, mon frère et moi, avions 10 et 13 ans, nous n’étions pas traumatisés par la mort de 2 colonies d’abeilles car il était souvent dans nos attributions de tuer et dépouiller un lapin ou de tuer et plumer un poulet. La mort d’un animal pour se nourrir faisait parti de notre univers.

Que les personnes sensibles , les végétariens et les végans nous excusent !

Papimiel

 

 

 

 

 

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