1 L’Apiculture à travers les âges :

Les abeilles ont une existence sur notre planète très antérieure à celle de l’homme.( environ 200 millions d’années pour les abeilles et 3 à 4 millions seulement pour l’homme).

Dans nos régions, elles s’installaient dans des anfractuosités, des cavités dans les rochers, mais surtout dans des arbres creux. L’homme ,ainsi que des animaux comme l’ours en particulier ,ont toujours été friands de miel et ont cherché à le récupérer . Le miel a longtemps été la principale matière sucrante dans la nourriture de l’homme.

L’homme a donc logiquement rapporté près de son lieu d’habitation des morceaux d’arbre peuplés d’abeilles, ou a logé , dans des troncs creusés , des essaims vagabonds. 

Dans le centre de la France, il existait , il y a encore peu de temps , des ruchers de BUSCS ou BRUSCS . Ainsi s’appelaient selon les régions ces ruches archaïques .

Des habitations pour abeilles furent construites en divers matériaux : Osier, pailles , planches… et paille et bois pour la ruche dite « du limousin » .

Nous sommes dans la période du fixisme en apiculture . L’apiculture consistait à posséder des colonies d’abeilles et à en détruire un certain nombre chaque année selon les besoins , pour y récupérer les rayons de miel et la cire qu’elles contenaient.

Les ruches vidées étaient alors repeuplées par des essaims récupérés dans la nature.

Ensuite, au cours du 19ème siècle , une nouvelle pratique consistait à ne plus détruire les colonies, mais seulement à prélever dans les ruches des rayons garnis de miel à l’aide des outils que vous voyez dans la Vitrine 3 , et les abeilles reconstruisaient l’espace vide .

Dans les ruches, les abeilles utilisent la partie centrale pour y élever les jeunes abeilles (couvain) et logent leurs provisions de miel au dessus du nid à couvain et sur les cotés. Il suffit donc de prélever soit en haut , soit sur les cotés les rayons pour obtenir du miel et ne pas toucher à la précieuse partie contenant les œufs et les larves .(couvain). Ainsi la colonie n’est pas détruite .

L’évolution de la ruche passe ainsi par l’invention au 19ème siecle de la ruche à calotte 

Vers la fin du 19ème siècle et le début du 20ème , l’homme cherchant toujours à améliorer ses méthodes de travail et à augmenter son rendement inventa la ruche à cadres . C’est à partir des travaux d’un suisse François Huber que l’impulsion a été donnée pour la création de ruches à cadres mobiles . Nous entrons dans l’ère du mobilisme .

Pendant une période transitoire , il fut utilisé des ruches mixtes . Sur des ruches fixes la calotte fut remplacée par des hausses à cadres mobiles .

C’est à partir de 1851 qu’un grand apiculteur américain L.L.LANGSTROTH créa la ruche à cadres mobiles qui porte son nom et dont la diffusion obtint un succès retentissant .  Il fut suivi par d’autres créateurs renommés tels que l’américain QUIMBY , le français CHARLES DADANT (16) , et de nombreux autres . Citons surtout GEORGES de LAYENS qui vécut de nombreuses années à LOUYE dans l’Eure et dont le modèle de ruche est très utilisé dans le nord-ouest de la France.

Une autre méthode intermédiaire entre le fixisme et le mobilisme , dont l’ABBE WARRE  était le promoteur , a eu quelques adeptes en France, principalement pendant la guerre 39-45 où de nombreux français s’initièrent à l’apiculture . Les caisses en bois sont sans cadres et garnies de simples barrettes amorcées de cire . De nos jours il n’existe plus que l’apiculture mobiliste. Outre les modèles de ruches déjà nommés , de nombreux autres ont été utilisés : ruche automatique , ruche Alexandre TONELLI , ruche VOIRNOT . Cette dernière est encore très utilisée actuellement.

Outre que la ruche à cadres mobiles permet la visite de la ruche et les observations et manipulations, elle permet aussi de prélever les rayons de miel, de l’extraire , et de remettre les rayons vides dans la ruche. La conséquence est une économie de travail et de consommation de miel par les abeilles cirières .

L’abeille a au cours de sa vie, des glandes dites cirières qui se développent et produisent de fines lamelles de cire . Mais les abeilles, pendant cette période, consomment beaucoup de nourriture . Il a été calculé que lorsque il se fabriquait 1 kg de cire il se consommait 7 kg de miel . L’homme a donc intérêt a économiser cette fabrication pour récolter davantage de miel.

 

2 La manipulation des abeilles :

Lorsque il opère au rucher, l’apiculteur a surtout besoin de 3 outils .

1 La balayette :

Elle permet de brosser les abeilles lors de la manipulation des cadres . Dans la vitrine 2, deux modèles sont présentés . L’une est en poil de sanglier . Elle a été utilisée pendant de nombreuses années par une conchoise : Madame Adrien

2 Le lève-cadre :

Comme son nom l’indique cet instrument permet de décoller les cadres d’une ruche et de les soulever.

Plusieurs modèles sont présentés dans la vitrine 1 . L’un d’entre eux a été conçu et fabriqué par un grand ami des abeilles , aujourd’hui disparu : Pierre Mailloux de Notre-Dame du Vaudreuil .

3 L’enfumoir :

La fumée permet de maîtriser les abeilles en provoquant un réflexe de survie .

L’abeille fuit la fumée , et se sentant en danger, se gave de miel . De ce fait ,elle est moins agressive et a une autre préoccupation que de s’intéresser à l’apiculteur .

Une belle collection d’enfumoirs est présentée vitrines 1 e 2 . Les pièces les plus remarquables sont 3 enfumoirs automatiques du début du 20ème . L’air qui traverse la chambre de combustion et sort en fumée , est envoyé par un ventilateur mû par un mouvement d’horlogerie , alors que les autres enfumoirs sont munis de soufflets manuels.

Deux sont des modèles Le Vulcain ,l’un de fabrication française et l’autre de fabrication allemande . Le 3ème de forme particulière est une invention de Georges de Layens, déjà cité pour son modèle de ruche . Ce modèle a été beaucoup commercialisé pendant la première moitié du 20ème siècle .

Parmi les enfumoirs à soufflet , 2 mérites un commentaire . Le matériau qui les constitue est de l’aluminium . Ils ont été fabriqués pendant la guerre et l’après-guerre de 39-45 .

Le seul métal utilisable par les français était l’aluminium car les allemands récupéraient pour les usines d’armement le fer et le cuivre.

 

 

L’un des 2 enfumoirs a d’ailleurs été fabriqué, selon un plan paru dans un journal apicole de l’époque, avec une boite de lait Guigoz . Il a été réalisé et utilisé dans les années 50 par Henri Robin , apiculteur à Fontaine sous Jouy .

L’enfumage peut se faire aussi avec une « Pipe d’apiculteur » vitrine 2

Une autre méthode pour chasser les abeilles des cadres à récolter est l’utilisation de chasse-abeilles vitrine 3 . Il se plaçait sur un plateau comme sur la ruche Dadant 

L’élevage des reines Pour avoir des ruches productives il est préférable d’avoir de jeunes reines dans ses colonies . Aussi les apiculteurs professionnels ou semi-professionnels pratiquent l’élevage de reines . Des objets utilisés à cet effet sont exposés vitrine 4 : cellules royales , cupules, cage à reine ….etc

La ruchette de fécondation permet de mettre en attente la reine vierge issue de l’élevage.

 

 

3 La récolte du miel

Il y a 150 ans, récolter du miel signifiait broyer les rayons pris dans les ruches et , par égouttage et pression  séparer le miel de la cire. Il y a encore 1 siècle, la cire était très utilisée, pour l’éclairage entre autre .

L’invention de l’extracteur centrifuge en 1885 par un italien : Francesco DI HRUSCHKA et de la ruche à cadre mobile a été une révolution en apiculture .

La 1ère opération lorsque le cadre de miel arrive au local d’extraction est la désoperculation .

Il s’agit de retirer la fine pellicule de cire, appelée opercule, avec laquelle les abeilles ferment les cellules lorsque le miel est apte à se conserver ( moins de 18% d’eau).

Elle se faisait à l’aide de couteaux ou de herses vitrine 1

Pour maintenir les cadres pendant cette opération, il était utilisé des chevalets ou des cuves à désoperculer, l’opercule tombe sur un tamis et le miel s’égoutte dans un récipient . Après désoperculation, les cadres de miel sont placés dans l’extracteur qui en tournant projette sur la paroi le miel encore liquide contenu dans les alvéoles .

Le plus ancien extracteur présenté a été construit par le père de Daniel et Michel NOEL apiculteurs à Hardencourt-Cocherel .

Les autres ont environ 50 ans et sont entièrement en métal .L’un est radiaire et l’autre tangentiel. Les extracteurs actuels sont en inox et beaucoup sont électriques .

Le miel extrait est tamisé et conservé, pendant une dizaine de jours, dans un maturateur  avant d’être mis en pots ou en seaux .

 

 

 

L’apiculture a, ces derniers siècles, été présente et primée dans de nombreuses foires ou Comices agricoles, comme en témoigne la plaque de concours de 1913 .

La vulgarisation de cet art a été faîte grâce a de nombreux catalogues, revues et livres : vitrine 5

 

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