Cette nuit pour meubler quelques moments d’insomnie, J’ai philosophé et comparé l’organisation sociale de l’homme et celle de la colonie d’abeilles.
Comme, ce matin, je finissait ma nuit dans un fauteuil sur le balcon où des butineuses remplissaient leurs corbeilles de pollen sur les bégonias des jardinières, j’ai tenté d’entamer le dialogue.
L’une d’elle, aux corbeilles bien remplies, a bien voulu m’accorder quelques instants.
Je lui confiais mon admiration pour l’organisation sociale de la ruche et mon interrogation sur les errements de l’homme pour atteindre une société satisfaisante selon moi.
Elle hocha de la tête et pris l”air résigné avant de me répondre.
“N’oublie pas que nous avons des millions d’années d’existence d’avance sur vous et que si aujourd’hui,“L’homme” est l’animal dominant du monde du vivant, cela ne durera peut-être pas.”
Et v’lan! J’encaissais !
Elle était lancée, je la laissais continuer.
“Penses que si notre reine a une nourriture exceptionnelle:”la gelée royale”, et une grande longévité, en contrepartie elle doit pondre des milliers d’oeufs, et à certaines périodes. c’est par jour.
Penses à la brièveté de la vie d’un mâle qui est sacrifié lorsque l’on a plus besoin de lui comme géniteur.
Penses à notre vie d’abeille ouvrière, “taillable et corvéable à merci” et sans espoir de retraite, penses à notre labeur auquel l’usure et la mort mettent fin.
C’est vrai que dans notre société-abeille, le pouvoir et la décision émanent de la grappe, via nos phéromones, avec la recherche du bien commun, mais tout n’est pas rose. Et comme, de plus en plus, l’homme intervient dans notre vie, souvent maladroitement, c’est la galère.
Tu es moins admiratif n’est-ce pas?”
J’acquiessais et la laissais poursuivre.
“Dans vos sociétés dites démocratiques l’objectif est le bien de l’individu, mais la recherche de pouvoir et de profit de quelques-uns pervertit cette ambition.
Dans notre société-abeille, le pouvoir et la décision est collective et nous n’avons pas besoin d’avoir un dirigeant. Cela nous évite d’élire un malade mental, comme cela vous arrive parfois”
Quelle bavarde! Mais elle tapait où ça fait mal!
Sur ces bonnes paroles et après un clin d’oeil, elle est repartie vers son logis.
Je lui souhaitais, néanmoins, de ne pas faire de mauvaises rencontres en chemin, la route n’est pas toujours sûre pour les insectes.
Le soleil matinal se faisant plus ardent, je sortais de ma quiétude et quittais mon fauteuil avec matière à réfléchir.
Hier à la télé, j’ai entendu, que l’on pouvait dormir une nuit dans une suite d’un certain hôtel de Cannes, pour 40 000 euros, et je n’ai pu m’empêcher de penser à cette jeune femme, presqu’une gamine, et son bébé, que j’ai vu en Inde, avec un carton pour tout logement.
Où est la société idéale dans tout cela……..?
Papimiel
Ne pas railler, ne pas haïr, mais comprendre (Spinoza)
