Dans les années 1990, circulait beaucoup chez les apiculteurs cette phrase attribuée à Albert Einstein: “Si l’abeille disparaissait, l’homme n’aurait plus que 4 années à vivre”. Mais il se disait aussi qu’Einstein n’avait jamais dit ou écrit cette phrase.
Comme j’étais persuadé du rôle des abeilles (et des insectes) dans le monde vivant, j’avais l’intention d’afficher cette phrase sur une ruche (non peuplée) devant ma maison, lieu de passage de beaucoup de promeneurs.
J’avais pour ami René Vié, professeur d’université à la retraite et président de la FNOSAD (organisation apicole). Je lui demandais le vrai et le faux sur notre fameuse phrase. Il m’assura qu’elle était bien du physicien mais qu’il n’existait aucune preuve écrite. Malgré cette incertitude, je décidais de l’afficher et tout promeneur peut la lire en passant. Elle a, peut-être, le mérite de faire réfléchir quelques baladeurs sur le monde actuel que nous avons créé.
L’abeille a une longue expérience de vie sociale par rapport à l’homme qui en est encore aux balbutiements. Nous sommes dans une période où “la recherche du profit maximum à court terme” mène le monde. Aujourd’hui, le blé n’est plus symbole de nourriture mais un produit boursier.
En période de guerre ou de crise avec covid19, un philosophe disait à quelque chose près: “une crise peut être synonyme de malheur pour certains, mais elle est aussi une chance, si elle permet à la société de changer pour muter et retrouver des valeurs essentielles qu’elle avait perdues”
Je fais confiance aux jeunes générations pour retrouver un peu de sagesse.
J’ai lu et j’ai vu dans un film que Mao avait voulu, dans des provinces agricoles de Chine, faire disparaître les oiseaux, trop gourmands des grains destinés à l’homme. Puis, sans oiseaux, ces provinces ont été envahies d’insectes, et il a fallu éliminer les insectes. De nos jours, dans ces territoires, des petites chinoises montent dans les vergers pour polliniser, avec un pinceau, les fleurs des arbres fruitiers.
La disparition des insectes, des oiseaux, et puis…..et puis….. est-elle évidente ? Il dépend de nos jeunes générations qu’elle ne se fasse pas.
Papimiel
La nature apprend à l’homme à nager lorsqu’elle fait couler son bateau.
(Saïd Faïk Abasiyanick)
