Autour des années 1945, notre grande distraction du dimanche, pour mon frère André et moi, était d’accompagner le grand-père dans les ventes aux enchères.
Elles avaient lieu, non pas dans les salles des ventes, mais chez les particuliers. Il y avait tout un folklore dans l’étalage des biens du vendeur, souvent décédé.
Nous partions avec l’âne et sa charrette dans les villages environnants, et arrivions si possible une bonne heure avant l’heure de la vente. C’était l’heure importante du repérage.
Notre grand père était très amateur des tas disséminés dans la cour regroupant une grande variété d’objets de peu de valeur mélés à de la feraille et autres détritus.
Le sport était de repérer les objets que mon grand-père jugeait intéressants et de les glisser sous la feraille, c’était notre rôle à André et moi.
La fin de vente se terminait toujours par ces tas de “non valeur”, et c’est là que nous nous régalions.
Maître T connaissait bien le Père Robin et ses 2 accolytes et tout un jeu commençait.
Après un appel à l’enchère et le dédain de l’entourage, Maître T y allait d’un “Allez, Père Robin, pour 50 centimes, vous allez bien me débarrasser de ça ?” Mon grand- père répondait par une moue dédaigneuse et terminait par “ Pour vous rendre service!”.
Avec le recul, je pense que Maître T savait qu’il y avait sous le tas quelque chose qui nous intéressait.
Mais en dehors de ce sport, nous nous portions aussi acquéreurs d’objets plus utiles. Par exemple, la table qui supporte mon imprimante aujourd’hui vient de ces ventes.
Je me souviens aussi de 2 ruches “de Layens” vides tout juste sorties du grenier que nous avons emportées pour une bouchée de pain.
Je découvrais la ruche “de Layens” en vrai et en dehors des catalogues. L’une était horizontale avec une vingtaine de cadres de corps et l’autre une ruche modifiée avec des magasin de demi-cadres sur les cotés. Après nettoyage et désinfection , nous les avons peuplées: “pour voir”. L’extracteur du grand-père était un tangentiel avec paniers et pouvait supporter tous modèles de cadres.
Cette expérience, selon mes souvenirs, ne nous a pas emballés. Etait-ce à cause des essaims qui n’étaient pas à la hauteur ou la ruche horizontale qui demandait de grandes miellées pour être productive ?
Depuis, j’ai connu des collègues qui ne tarissaient pas d’éloges sur la “de Layens” mais cette fois verticale. La différence pourrait bien être là. Nous en reparlerons.
Papimiel
Elever des abeilles, c’est commencer l’apprentissage du bonheur (R. Alphandery)
