Miel, pollen, propolis, gelée royale, cire et venin d’abeilles : tous ces produits sont issus du travail d’un insecte que les scientifiques nomment Apis mellifera que nous appelons simplement « abeille ». Cette abeille appartient à un groupe qui fédère les guêpes, les frelons, les bourdons et de nombreux autres cousins volant et bourdonnant, mais aussi les fourmis : l’ordre des Hyménoptères. Un certain nombre des insectes de cet ordre forment des sociétés plus ou moins hiérarchisées et des colonies parfois très peuplées.

Dans le monde du végétal, sur les fleurs et les diverses plantes qui ont des bourgeons, les abeilles (les butineuses) récupèrent :

– Du nectar et du miellat pour en faire du miel,
– Du pollen, le pain des abeilles,
– De la propolis, qui est à la fois du mastic et un antiseptique.

Les autres produits issus de la ruche la gelée royale, la cire et le venin sont des produits d’origine animale, issus du corps des abeilles.

Le miel.
Le miel provient du nectar des fleurs ou d’excréta d’insectes (miellat), que les abeilles transforment grâce aux sucs digestifs contenus dans leur jabot.
Emmagasiné dans des alvéoles de cire, il constitue l’une des ressources alimentaires essentielles de la ruche.

La composition des miels est variable en fonction de l’origine des nectars et des miellats, de la saison, des conditions météorologiques, et des terroirs visités par les abeilles. La diversité des miels se traduit par des variations de consistance, de couleur, de saveur, d’odeur et de compositions chimiques (révélées par analyse). Leur découverte constitue une expérience gustative souvent incomparable. L’homme a commencé à récolter le miel, le plus abondant des produits de la ruche, il y a plus de 9000 ans.

Le pollen.
Le pollen est constitué de cellules reproductrices mâles des végétaux, collecté dans les fleurs par les abeilles qui l’emmagasinent dans la ruche. Ce pollen est stocké sous forme de « pain d’abeille », une réserve de protéines indispensable à la croissance du couvain. Une partie du pollen ramené par les abeilles (environ 10%) peut être récupérée par l’apiculteur au moyen d’un piège à pollen. Ce pollen proposé à la vente est dit en « pelotes ». Déshydraté ou congelé, c’est un complément alimentaire apprécié pour ses qualités diététiques, sa richesse en antioxydants et son action adjuvante dans diverses pathologies.

 

 

La propolis.
Moins connue que les autres produits de la ruche, la propolis est utilisée par les abeilles comme une sorte de mastic, mais aussi pour ses propriétés antimicrobiennes. La propolis est proposée en  formulations pharmacologiques, destinées à traiter des affections buccales, laryngées ou dermatologiques.

Les abeilles élaborent la propolis à partir de résines ou de gommes végétales. Ces substances sont secrétées par des conifères ou des bourgeons de feuilles de peupliers, bouleaux, marronniers, etc. Les ouvrières maçonnes mêlent la propolis à de la cire et des sécrétions salivaires riches en enzymes. Ce mortier comble les fissures de la ruche. Il sert aussi à embaumer le cadavre des animaux entrés
dans la ruche, en empêchant sa décomposition.
La propolis est recueillie par grattage lors du nettoyage des cadres. De façon plus rentable il est possible de récolter une propolis plus pure, en installant une grille à propolis, grille dont les abeilles s’empressent de combler les interstices avec la précieuse substance.
La propolis a des propriétés antibactériennes et antifongiques. Elle est utilisée depuis longtemps contre le mal de dents, les douleurs et les ulcères. Des essais cliniques sont en cours pour tester ses qualités thérapeutiques.

La gelée royale.
Contrairement au miel, la gelée royale n’a pas une origine végétale. C’est une sécrétion qui provient de glandes situées dans la tête des jeunes abeilles nourricières, âgées de 5 à 14 jours. Cette substance est une matière gélatineuse et blanchâtre, de saveur légèrement acide. C’est la nourriture exclusive de la Reine durant toute sa vie et l’aliment principal de toutes les larves (de mâles et d’ouvrières) jusqu’au troisième jour de leur développement.

Grâce à cette substance la croissance de la Reine est plus rapide et différenciée de celle des ouvrières.

Pour exemple :

– Une larve de reine multiplie son poids par 1500 en 5 jours alors qu’une ouvrière le multiplie par 500.
– La reine ne possède pas de corbeilles à pollen.
– Formation des ovaires et des organes sexuels.
– Longévité de 4 à 6 ans, seulement 4 à 6 semaines pour les ouvrières.
– Ne butine pas, ne produit pas de cire, etc.

La collecte de la gelée royale requiert un savoir-faire que tous les apiculteurs ne maîtrisent pas. Seuls des apiculteurs spécialisés sont aptes à récolter la gelée royale : Groupement des Producteurs de Gelée Royale (GPGR). Sa rareté explique son prix.
La conservation du produit est délicate. Les précautions à prendre sont justifiées car elles conditionnent la préservation de ses propriétés et de ses composants chimiques fragiles.
La gelée royale semble posséder des activités chez l’homme : stimulante, rajeunissante, tonifiante, antibactérienne, cicatrisante …
Ces qualités thérapeutiques n’ont toutefois pas été prouvées par des études médicinales (preuves).
On lui attribue beaucoup de vertus imaginaires (Potion magique).

La cire.
C’est notre amie l’abeille qui produit cette merveilleuse substance. L’abeille âgée de 12 jours est pourvue de glandes cirières secrétant de la cire. Une température de 36°C est favorable à la sécrétion de la cire. La nourriture joue aussi un rôle important : les abeilles doivent pouvoir consommer 7 kg de miel pour produire environ 1 kg de cire.
C’est un produit d’origine uniquement animale, constituée par plus de 300 composés. C’est un corps gras chimiquement stable, composé principalement d’hydrocarbures, d’esters, d’acides et d’alcools.
Sa composition varie sensiblement selon la zone géographique (selon les caractéristiques des miels).
La cire peut contenir jusqu’à 6 % de propolis.

Grâce à cette cire les ouvrières bâtisseuses vont édifier des alvéoles hexagonales pour :

– Stocker du miel, du pollen, de l’eau.
– Pour l’élevage des œufs et des larves.

L’apiculteur utilisera cette cire pour fabriquer de belles bougies odorantes et de l’encaustique pour cirer les meubles et les parquets.

Le venin.
C’est l’arme ultime de défense de l’abeille. Des ouvrières gardiennes sont postées à l’entrée de la ruche. Lorsqu’un intrus essaie de pénétrer dans la ruche, les gardiennes tentent de le faire fuir, voire de le tuer en utilisant leur appareil inoculateur de venin. Le venin est un liquide translucide dont la composition varie en fonction du nectar et du pollen consommés. De façon générale le venin contient 90% d’eau mais surtout plus de 60 substances (glucides, peptides, enzymes, lipides, phéromones d’alerte), dont certaines ont une action puissante sur des cultures cellulaires ou des modèles animaux. De nombreux travaux suggèrent un riche potentiel pharmacologique ; ce venin intéresse la recherche au même titre que d’autres venins d’animaux (reptiles, mollusques, batraciens, etc.)
Quelques domaines d’intérêt sont étudiés : rhumatologie, neurologie,cancérologie, cardiologie, dermatologie.
Le venin en tant que tel est impossible à récolter. Lors de la récolte il perd ses composants volatils et il subit des modifications chimiques. Il prend alors le nom d’«apitoxine». Pour avoir le venin dans toute son intégrité, il faudra procéder à des piqûres avec l’animal vivant. On parle alors d’«apipuncture ».
La médecine occidentale conventionnelle ne lui reconnaît pas d’intérêt thérapeutique. Les soignants recourant à cette pratique exercent généralement dans la confidentialité ; les patients sont exposés à un risque de réaction allergique non négligeable.

Cette présentation réalisée par des apiculteurs chevronnés, sera suivie d’une dégustation de différents miels eurois.

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