C’était hier : La ruche automatique …
C’était hier : La ruche automatique …

Dans les années 1925, le modernisme allait bon train en apiculture. La ruche à cadres faisait ses preuves et de nombreux inventeurs créaient de nouveaux modèles et en vantaient les mérites.

La ruche automatique faisait partie de ces innovations.

L’ancêtre de la ruche automatique est sans doute la ruche d’Alexandre Tonnelli de forme arrondie. La difficulté de construction de cette dernière et de ses cadres à engendrée l’invention de la ruche automatique s’inspirant de la Tonnelli mais plus facile à réaliser.

La promotion de ce modèle garnissait la plupart des catalogues apicoles.

Pourquoi l’appelait-on ainsi ? Cette ruche trapèzoïdale permettait, aux débris de toutes  sortes qui jonchaient les plateaux des ruches à cadres classiques, de s’évacuer ” automatiquement” à l‘extérieur.

Les vendeurs annonçaient également que ce type de cadre répondait mieux à l’instinct de la reine.

Il faut dire, qu’à cette époque, beaucoup de ruches Dadant, Voirnot ou Layens, les  modèles dominants commercialisés avaient des plateaux fixés aux corps de ruches.

Certains novateurs, tels que E. Moret, qui commercialisait la “charnière Moret” rendaient le plateau semi-mobile en l’articulant sur le devant du corps, permettant de le basculer vers l’avant et de nettoyer ainsi le plateau de ses impuretés sans trop géner les habitantes. Sinon, ce nettoyage ne se faisait souvent que lorsque l’habitation était vidée de ses  occupantes.

Chaque fabriquant donnait un nom à cette ruche quelquefois triangulaire, quelquefois trapèzoïdale: “Automatic”, “Innovation”, “Perfecta”, “Idéale”, “Cosmos”, “Manon”, etc…

Bien sûr le problème de la cire gauffrée n’était pas évoqué, mais il était évident que les formats de cire commercialisée obligeaient a beaucoup de déchets pour des cadres trapézoïdaux ou triangulaires.

Mon grand-père qui débutait en apiculture, n’a pas résisté au modernisme et s’est équipé d’un de ces modèles. La hausse, une dadant 12 demis cadres ne posait aucun problème pour la récolte. Ce fut sa ruche N° 4.

J’ai encore le souvenir de cette ruche dans la rangée d’une dizaine de “Dadant”.

Je l’ai gardée en souvenir de mon aieul. Ces derniers temps, mon ami Etienne l’a ressortie “du placard” pour l’installer en décoration dans le jardin, sous ma fenètre.

Elle est “dans son jus”, avec un N° 4 très visible. Elle aurait pu trôner dans l’Espace apicole du Musée du pays de Conches. Une de ses soeurs nous a été donnée par les Etablissements Lerouge et y est en bonne place.

Tous les jours, en la contemplant, comme toutes les personnes agées, je me remémore mes souvenirs de jeunesse. Une jeunesse qui a baignée dans le monde passionnant des abeilles.
Une société solidaire où chaque individu oeuvre pour le bien de tous m’a toujours inspirée.
On a le droit de rèver!

Papimiel

Une génération se construit par l’apport successif de générations prenant appui l’une
sur l’autre comme les pierres d’un édifice (A. Frossard)

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