C’était hier : Abeille et passion
C’était hier : Abeille et passion

Tout enfant, l’abeille a fait parti de mon univers. J’ai appris à respecter et même à admirer cet insecte, pas seulement pour le miel qu’il produisait, mais pour son organisation sociale, son courage et autres qualités. Aujourd’hui, j’écoute l’émission “Sur les épaules de Darwin” consacrée a l’intelligence des abeilles et cela conforte mes pensées.

L’homme a dominé le monde du vivant, souvent sans respect pour ce vivant dont il cherche, avant tout et souvent, à tirer profit. En contrepartie, des relations touchantes et admirables se nouent, pour certains avec son animal de compagnie, pour d’autres, avec son cheval ou son éléphant, ou encore, avec ses abeilles… et la liste pourrait être longue.

Lorsque, par temps frais, je trouve une abeille épuisée et transie de froid sur mon chemin, je la prends délicatement dans le creux de ma main et lui fais une niche avec l’autre main. Je sens que ma chaleur la revigore, et lorsque elle sort de mes mains protectrices et s’envole, je suis heureux et lui dis ma reconnaissance.

Je reste son débiteur pour tout ce qu’elle m’a donné dans la vie. Devant la maison du grand-père il y avait un groseiller à fleurs. Enfant, j’ai passé un temps considérable à regarder les abeilles butiner. Etait-ce une variété de groseiller particulière? Lorsque, devenu adulte, j’ai planté de tels arbustes, j’ai rarement vu des abeilles les visiter. Probablement qu’elles trouvaient mieux ailleurs. L’intention était là.

Lorsque, sous un pommier en fleur, j’entends le bruissement des abeilles, cette mélodie m’enchante.

Un jour, j’ai vu un film où un apiculteur entendant ce bruissement sous un amandier en fleur a traduit son contentement par, à quelque chose près, cette phrase: “ Ce bruissement? C’est du pognon!” et un nuage de tristesse a envahi mon ciel.

L’engouement actuel pour retrouver l’abeille noire m’inquiète. Sur le continent, cela ne peut se faire que par la fécondation artificielle. N’importe qui peut la pratiquer.

Point n’est besoin de formation ou de diplôme, l’insecte a une cervelle si petite, qu’on se moque de ce qu’’il peut ressentir. Tout le monde peut “tripatouiller”. J’ai toujours milité pour que la culture des abeilles et leur exploitation se pratiquent dans le respect de l’être vivant. Il est arrivé, lorsque j’étais jeune chef de famille avec femme et enfants que les fins de mois soient difficiles.

Un jour ma femme est partie avec un pot de miel pour essayer de le vendre dans le quartier. La mission a été positive et a permis d’acheter des beefsteacks hachés pour le repas.

Je n’ai pas dis merci à mes abeilles, car, en Normandie un bruit court: “On dit merci quand on a plus besoin des gens”.

Aujourd’hui, mon grand âge ne me permets plus d’avoir de ruche. Je ne remercie toujours pas les abeilles car je me sers encore d’elles pour, à travers mes souvenirs, écrire ces lignes.

Papimiel 

Il y a 2 choses qui m’ont toujours surprise: l” intelligence des animaux et la bestialité des hommes. (Flora Tristan)

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