La guerre, je connais, j’ai vécu la guerre de 39-45, avec 2 moments intenses: l’exode en 1940 et la libération en 1944 et un père absent, parce que prisonnier de guerre.
Bien sur, j’étais enfant, avec l’inconscience du danger qui caractérise l’enfance, mais le risque de mort était présent, c’était une question de chance.
Je percevais la grande inquiétude des adultes et le coté inhabituel du moment. J’étais insouciant mais pas stupide
Entre 1940-45 et aujourd’hui le risque de mourir est là, tout pareil, mais les états d’esprit sont bien différents
En 1940 la grande guerre était encore dans les têtes, la grippe espagnole aussi, mais à un moindre degré. Et pourtant la grippe espagnole a fait plus de morts que la grande guerre. Allez comprendre !
Dans les esprits, un soldat casqué et botté, fait plus peur qu’un minuscule virus, et puis, de nos jours, on s’est tellement conforté avec les antibiotiques qui tuent les microbes et les antidouleurs qui empêchent de souffrir . Il n’y a que ceux qui savent et les vrais adultes qui ont peur d’un petit virus. Tous les grands enfants préfèrent nier le risque ou croire au médicament miracle. La peur est une affaire de “grande personne”
Lorsque en 40, notre convoi de réfugiés a été mitraillé, je n’imaginais pas que je risquais d’être tué.
Lorsque, en 1944, perché sur le dessus de notre mur, je regardais les combats aériens au dessus de ma tête ( j’étais à une dizaine de km du terrain d’aviation allemand d’Evreux), je me croyais invulnérable.
Il y a 75 ans, à aucun moment, dans ma mémoire, les autorités nous ont demandé de nous protéger. C’était à chacun de savoir ce qu’il avait à faire.
Aujourd’hui, je me confine parce qu’on me le demande et parce que je n’ai pas d’autre alternative que d’être un vieillard obéissant.
Chez les adultes, la panique est, pour beaucoup, un réflexe de survie irraisonné en cas de danger. Chez certains animaux aussi, je crois.
Nous sommes partis en exode en 1940. Peut-on comparer avec les caddies de coquillettes et de papier-toilette de 2020 ou les fuites à la campagne? Tout cela est à mettre dans le même sac de la panique il me semble.
Les médias nous informent aujourd’hui plus qu’hier, il n’empêche que le bouche à oreille continue à fonctionner, toujours aussi amplificateur et aussi stressant, de plus, de nos jours, s’ajoute un internet débridé et la circulation de “fausses nouvelles”. Les enfants d’il y a 75 ans ne prenaient pas au sérieux les balles qui sifflaient, certains grands enfants de maintenant, (une petite minorité heureusement) ne prennent pas plus au sérieux un minuscule petit virus dont on entend même pas le bruit des bottes.
En 1944, j’ai fait des grands “au revoir” aux colonnes de soldats allemands qui fuyaient le Château de La Ronce. 300 m plus loin, j’ai voulu dire aux soldats anglais, qui installaient une batterie, que les allemands partaient du Château et me suis fait dégager comme un malpropre.
Les rapports humains sont ainsi.
Mais allez vivre ces moments relationnels avec un Covid-19 !
Et les abeilles dans ce contexte ? Le Covid-19 ne les concerne pas. Et pourtant, la mondialisation leur apporte, à elles aussi, ses lots de parasites, bactéries…..et virus, contre lesquels elles ne savent pas se défendre.
L’homme les aide pour les parasites et les bactéries, mais pour les virus, c’est à l’abeille de se trouver la parade et pas question d’avoir recours au confinement.
La grande mortalité des colonies peut être attribuée aux pesticides. Ca on connait! Mais si c’est un virus? C’est à l’abeille de gérer!
Dans l’instant présent, l’homme a assez à faire avec ses propres problèmes pour se préoccuper d’autres virus que les siens.
Qui a dit hier? “le sort de l’abeille aujourd’hui est celui de l’homme demain”
Papimiel
Et comme dit le proverbe belge: “Les anges ne croient au diable que quand ils ont reçu un coup de corne”
