C’était hier : un arbre mellifère
C’était hier : un arbre mellifère

Je lis dans la REVUE FRANCAISE D’APICULTURE de 1949 un article de G. Vaudou, vice-président du Rucher du Périgord.

Je vous livre quelques extraits de cet article.

L’ARBRE LE PLUS MELLIFERE.

Le hasard d’un changement de résidence m’a fait connaître l’arbre le plus mellifère que j’aie jamais vu. Pendant 2 ans j’en ai cherché le nom […] des amis se sont intéressés à la question et finalement l’un d’eux reçoit de l’éminent sous – directeur de l’Ecole Nationale Forestière de Nancy la clé de l’énigme.

Il s’agit de l’oxydendron arboreum, une érinacée ligneuse, la seule qui soit réellement un arbre, assez voisine de l’arbousier, originaire du sud – est de l’Amérique du Nord, très cultivée dans ce pays, mais rarement en France. Cet arbre, l’unique parent géant des bruyères pousse très bien en France.

Il atteint une taille comparable à celle du chêne […].

Dans le Sud – ouest la floraison s’étend en mai et juin. Quand les premières fleurs sont fanées et tombent, d’autres repoussent […] du matin au soir jusqu’à la nuit noire, c’est dans l’arbre une musique d’ailes sans égale […].

Les abeilles boudent au tilleul et au sycomore voisin pour venir sur l’oydendron s’enivrer de nectar […].

Une ruche placée tout près me donne 25 kg de miel en 1948 alors que la moyenne de la région est de 5 à 6 kg.”

En lisant cet article, je m’interroge.

Cet arbre peut-il vraiment pousser partout en France ?

Est-il autant nectarifère partout ?

Si oui, pourquoi ne le trouve-t-on pas vanté et implanté davantage ?

Outre son intérêt mellifère, nous pourrions le découvrir dans les jardins publics ou autre espace boisé.

A-t-il un intérêt décoratif?

A ma connaissance il a été oublié plutôt qu’implanté. Pourquoi ?

Pendant mes 70 ans de vie dans le monde des abeilles, j’ai fréquenté beaucoup de Congrès et réunions apicoles et jamais le nom de cet arbre n’a tinté dans mes oreilles.

Bizarre… bizarre…! Le miel récolté était-il de bonne qualité gustative ?

Vers les années 90, Jean, mon ami apiculteur, avait ses ruches à Caer, près d’Evreux. Il se réjouissait car le champ près de chez lui était ensemencé de lupin agricole, très fréquenté par ses abeilles. Son désenchantement fut grand, après la récolte, lorsqu’il constata que son miel avait une telle amertume qu’il était pratiquement inconsommable.

Puis-je espérer que les lecteurs de ces lignes éclaireront mes interrogations.

En tout cas, si cet oxydendron a les qualités requises et s’il est trouvable chez les pépinièristes, planter un tel arbre dans son jardin serait une belle réponse pour “sauver les abeilles”.

Papimiel

Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage, au moins, semons des fleurs (Montaigne)

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